Quel supérieur hiérarchique doit évaluer l’agent en cas de mobilité ? Abonnés
Une situation qui peut sembler purement organisationnelle mais qui revêt une véritable importance juridique au moment de l’évaluation.
Le principe est que l’entretien professionnel doit être conduit par le supérieur hiérarchique direct de l’agent au moment où celui-ci est réalisé. Ce responsable peut naturellement s’appuyer sur les observations de l’encadrant précédent pour apprécier l’ensemble de la période évaluée.
En revanche, la contribution de l’ancien supérieur doit rester un élément d’aide à l’évaluation. Elle ne peut pas remplacer l’entretien lui-même (CAA Nancy, n° 22NC01258, du 2 avril 2024).
Le bilan transmis par l’ancien supérieur hiérarchique ne constitue qu’un élément préparatoire à l’entretien que l’agent doit avoir avec son nouveau supérieur hiérarchique.
Autrement dit, l’ancien responsable peut éclairer le nouveau, mais il ne peut pas continuer à exercer, pour les besoins de l’évaluation annuelle, une autorité hiérarchique qu’il n’a plus.
Dans un jugement rendu le 8 septembre 2026 (TA Nancy, n° 2401468), le tribunal a annulé le compte rendu d’entretien professionnel au motif qu’il avait été conduit par l’ancien supérieur hiérarchique.
Le fait que l’évaluateur ait été le supérieur direct de l’agent pendant une partie de la période évaluée n’a pas permis de régulariser la procédure. À la date de l’entretien, il n’était plus le supérieur hiérarchique direct de l’intéressé.
L’irrégularité ne résultait donc pas de l’appréciation portée sur la période évaluée, mais de l’identité de la personne ayant conduit l’entretien.
Les employeurs doivent prendre une précaution simple : vérifier, avant le lancement de la campagne annuelle des entretiens professionnels, la situation hiérarchique de chaque agent à la date effective de son entretien.
1. Anticiper l'échéance : convoquez l'agent au moins huit jours francs à l'avance en lui remettant la fiche de poste actualisée et la grille d'évaluation.
2. Favoriser l'écoute active : laissez l'agent faire son auto-évaluation en premier. Instaurez un climat de confiance garantissant la confidentialité des échanges.
3. S'appuyer sur des faits précis : évaluez la manière de servir sur des éléments factuels et mesurables observés durant l'année, hors de tout jugement de valeur.
4. Fixer des objectifs SMART : définissez 3 à 5 objectifs spécifiques, mesurables, atteignables, réalistes et temporels (SMART) pour l'année N+1.
5. Identifier les besoins de formation : recensez les souhaits de mobilité, préparations aux concours ou besoins d'accompagnement (CNFPT) pour alimenter le plan de formation.
L'après-entretien : assurez un suivi régulier à mi-parcours pour ajuster les moyens alloués.
Hugues FARNOUX
Zineb LEBIK le 13 octobre 2026 - n°1968 de La Lettre de l'Employeur Territorial
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