Améliorer le service public local grâce à l'IA Abonnés
Pour les employeurs territoriaux, la question n’est plus de savoir s’il faut s’intéresser à l’IA, mais comment en faire un outil utile au service public local.
Le rapport estime que près de 13 % des agents pourraient voir leurs tâches partiellement ou totalement automatisées. Ces projections invitent à regarder au-delà de la seule question des effectifs. Automatiser une tâche ne signifie pas nécessairement supprimer un emploi. Tout dépendra des choix d’organisation et de l’usage du temps ainsi dégagé.
C’est ici que la responsabilité des employeurs territoriaux est majeure. Les gains attendus ne se mesurent pas en postes supprimés. Ils peuvent aussi se traduire par des délais réduits, moins d’erreurs, des procédures simplifiées, une meilleure qualité de service et davantage de temps consacré aux usagers.
Mais l’IA peut aussi réduire certaines marges d’autonomie ou entraîner une perte de technicité. La transformation numérique ne doit pas devenir une transformation subie du travail.
Le rapport place donc, à juste titre, la formation et les compétences au cœur de la démarche. Pour les collectivités, cela signifie anticiper les évolutions des métiers, accompagner les agents, former les encadrants et intégrer l’IA dans la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences.
Autre enjeu déterminant : le dialogue social. Associer les représentants du personnel aux choix technologiques, à l’évaluation de leurs impacts et à la définition des usages n’est pas un préalable administratif. C’est une condition de réussite.
Les groupes de travail prévus en septembre donneront une nouvelle impulsion aux discussions nationales. Aux employeurs territoriaux désormais de prendre leur part dans ce débat. Non pour subir l’arrivée de l’IA, ni pour la déployer à marche forcée, mais pour décider comment elle peut réellement améliorer le service public local et le travail de ceux qui le font vivre.
L’IA est une technologie, son impact sur les collectivités sera, lui, une affaire de choix managériaux et politiques.
Préservez le secret professionnel et le RGPD
Ne saisissez jamais de données personnelles, de données sensibles ou d'informations confidentielles dans un outil d'IA public (noms d'usagers, dossiers du personnel, délibérations non encore publiques).
- Exemple : ne collez pas le rapport médical d'un agent ou l'état civil d'un administré pour demander à l'IA de rédiger une synthèse.
Gardez la maîtrise de la décision administrative
L'IA doit rester un outil d'aide à la décision ou à la rédaction, et non un décideur.
- L'agent public est légalement et déontologiquement responsable des textes, comptes rendus et actes administratifs qu'il produit.
- Relisez, vérifiez les références juridiques (les IA peuvent inventer des articles de loi ou des arrêts de jurisprudence) et reprenez la main sur le style final pour vous assurer de la neutralité et de la précision.
Hugues FARNOUX
Zineb LEBIK le 15 septembre 2026 - n°1964 de La Lettre de l'Employeur Territorial
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